Il y eut un soir, et il y eut un matin. C'était le premier jour.

Je suis morte et je renais, Cette fois, sans regarder derrière. Cette fois, sans tomber à chaque pas. Cette fois, peut être pour la dernière fois. En arrêtant les blagues, les obsessions et en arrêtant de parler trop fort dans les couloirs. Je fais des maths, sans tomber dans des spirales. Cette fois, je ne hurle plus dans le vide. Je laisse pousser mes cheveux, je laisse briller le soleil. Je laisse tourner les albums. Je me recentre. Je ne me laisse plus trainer partout. Je ne suis pas effrayée. Je suis sereine. Je suis épuisée. C'est fatigant, de renaître.

Je me demande si je vais être heureuse. Tu sais, c'était deux ans de ma vie. Et je veux retrouver ce sentiment de structure. Un inconfort enivrant, de choisir encore et encore. Je ne suis pas née dans la souffrance. Je viens d'un calme enveloppant. D'un bleu lumineux, presque blanc. Je suis une création de l'esprit, faite de liens logiques et de synapses. Je ne suis rouge de l'ocre des mains qui m'ont façonnée. Long processus qui touche à sa fin. Cette fois peut être, pour la dernière fois, même si j'ai des doutes. On ne regarde pas en arrière.